Aller au contenu

Du piquant à la lenteur

Ronces, orties, cardères, cardamines, hérissons, becs, pies, abeilles…..Une année de piquants se termine. Nous avons vu de nombreux éléments naturels de notre environnement proche qui nous mettent en inconfort, nous font sortir de notre zone de confort pour nous mettre en éveil, en action, en doute, en émotion et prendre conscience que nous sommes des êtres sensibles donc vivants. Ils ne nous laissent pas indifférents et sont toujours pleins de paradoxes qui font réfléchir sur notre mode de vie, nos aspirations, nos choix personnels et/ou de société…Les piquants nous forcent à les regarder autrement, les malaimés deviennent alors des alliés, des lanceurs d’alerte, des protecteurs, ils nous amènent à réagir ! Cela peut aller jusqu’à la remise en question voire la révolte !!

Mais il est toujours risqué d’agir sur le coup de l’émotion et voilà pourquoi après avoir réfléchi sur cette notion de piquant, l’année 2026 nous plongera dans une réflexion sur la lenteur : prendre le temps ..poser des bases solides et stables, durables. La lenteur nous invite à la sagesse.

La lenteur est là pour nous construire, pour façonner notre identité sans se laisser happer par une société du toujours plus vite !

C’est une manière de prendre soin de soi et de ceux et celles qui nous entourent, et par là même d’entrer en résistance dans une société vantant la rapidité, l’éphémère, et les échanges simultanés et continus .

Nous vous souhaitons une heureuse année de lenteur, de douceur et de construction, une année où vous vous sentez VOUS ! A Yapuka, c’est ce qu’on va essayer de faire!

Et c’est encore le hérisson qui nous guide pas à pas du piquant à la lenteur…

Cet animal sait prendre le temps de se poser en attendant de s’activer à la tombée de la nuit. Il est également un des nombreux animaux à ralentir tout son fonctionnement physiologique pour passer l’hiver en économisant au maximum ses réserves énergétiques pour profiter ensuite de la belle saison.

Le « hérisson », c’était le surnom choisi de Marie-Madelaine Fourcade (1909-1989) qui fut cheffe d’un grand réseau de résistance française de la seconde guerre mondiale, le réseau Alliance. Un réseau qui a contribué lentement et de manière cachée et silencieuse à une résolution heureuse de ce conflit.

C’est aussi le nom du syndrome décrit par le philosophe allemand Arthur Shopenhauer (1851) qui prend le hérisson comme une parabole du paradoxe des relations humaines : l’humain aime être seul mais il a besoin de la proximité des autres. S’il développe un certain individualisme, il se met à avoir peur de l’autre dont il dépend également puisque c’est un être social. La lenteur permet alors de prendre le temps de concilier le développement de soi-même et le développement de ses relations avec les autres. Alors prenons le temps cette année de soigner ces deux aspects de notre humanité et de faire du beau autour de nous.

« Madame Michel, elle a l’élégance du hérisson : à l’extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j’ai l’intuition qu’à l’intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes. »

Et si vous preniez le temps d’écrire … ?

Si l’envie vous appelle d’écrire un petit article inspiré du thème de la lenteur, vous pouvez nous le faire parvenir, nous le diffuserons sur notre newsletter !

Sources:

-site internet : Chemins de mémoire

-L’élégance du hérisson de Muriel Barbery (2006, Gallimard)

– Photo de couverture: hérisson dormant dans la serre du Chant des Arbres (mars 2026)

Sophie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.